Notre cheminement vers le unschooling
Unschooling

Scolarisation & unschooling : notre cheminement

Bonjour à toutes et à tous !

Ca fait un moment qu’on ne s’est pas parlés, vous et moi ! Tout juste 1 an ! Ma vie a été légèrement prise dans un tourbillon cette dernière année… Ma petite famille a eu besoin de mon temps, et bien sûr elle passe avant tout, je pense que vous comprenez bien !

Ce confinement que nous avons tous vécu tant bien que mal m’a, comme beaucoup d’entre vous je crois, donné matière à réflexion. Ou plutôt, j’ai pu mettre en ordre dans ma tête beaucoup de choses qui flottaient dans mon esprit sans trouver sa place dans la matière, faute de temps et de disponibilité mentale de ma part.

Pour commencer, je vais vous raconter rapidement mes aventures de cette dernière année, puis je vous expliquerai où ces aventures, puis ce confinement m’ont menée. Bien sûr, vous vous doutez que si je viens vous en parler ici, c’est qu’ils me mènent entre autres à vous 😉

Que deviens-je ?

Comme vous le savez si vous êtes abonnés à ma newsletter, dont le dernier exemplaire a été envoyé il y a également 1 an, j’ai sorti du collège mon fils de 11 ans (il en avait 10) en mars dernier. C’est un enfant qui a des besoins très particuliers (HPI, TDAH, et nous savons depuis le mois de janvier que nous pouvons ajouter un syndrome d’Asperger), qui « pose problème » au système scolaire depuis sa petite section de maternelle. J’ai longtemps hésité à en parler ici, mais après tout je ne veux pas en faire un tabou. Ca fait partie de sa personnalité, et même si ces attributs lui (et nous) rendent la vie un peu difficile, il n’en est pas moins un garçon d’une grande valeur. De plus, je me dis que notre expérience, et les décisions qui ont découlé de nos aventures, peuvent éclairer certaines personnes.

Mars 2019 : urgence surmenage

Au mois de mars 2019 donc, Jean était au bord du gouffre, en état de surmenage avancé, après des efforts monumentaux (non reconnus par les enseignants) pour essayer de coller à ce que le collège exigeait de lui. Avec le soutien de la pédiatre, j’ai décidé de garder Jean à la maison. A ce moment-là, il n’était pas question de savoir quelle pédagogie adopter, il avait juste besoin qu’on lui fiche la paix. Il a commencé par partir 1 mois chez ma maman dans le Sud de la France, à passer de la plage au centre équestre, entre deux séances de jeux vidéos avec un copain qu’il s’était fait à la résidence.

Lorsqu’il est rentré à la maison, il était moins tendu et nerveux, mais il n’était pas envisageable de reprendre un rythme de travail normal de collège, même à la maison. Le but était de l’aider à se détacher du réflexe travail = souffrance, profondément ancré en lui. Nous avons juste fait un peu de français, en étudiant quelques extraits de l’Odyssée d’Homère. Je pensais que le côté aventures pourrait lui plaire, mais s’asseoir à une table, avec un manuel, et tenir un stylo était un cauchemar pour lui. Tant pis, raté pour les aventures. Nous avons fini les quelques textes, étalés sur quelques semaines, puis je l’ai laissé tranquille. Nous avons fait un peu de devoirs de vacances en été (qu’il faisait de mauvaise grâce).

Septembre : planning au carré

Pour la rentrée de septembre, j’ai sorti le grand jeu de la maman hyper organisée : planning d’horaires et de cours, préparation d’un trimestre d’avance dans toutes les matières pour ne pas être embêtée et me consacrer uniquement à être auprès de lui. J’avais prévu trois cours de 45 mn le matin, idem l’après-midi. J’adorais mes cours, pour lesquels je m’étais basée sur des manuels scolaires correspondant au niveau de 5e, et que j’avais mis tout l’été à mettre en place !!

Honnêtement, jusqu’aux vacances de la Toussaint, ça s’est plutôt bien passé. Jean avait très envie que ça marche, et que je sois fière de lui. Moi je voulais surtout qu’il soit fier de lui-même, mais avec le recul, je me rends bien compte que je lui mettais autant de pression sur le dos que s’il était au collège… D’ailleurs, semaine après semaine, j’ai senti sa fatigue, et j’ai espéré que deux semaines de vacances suffisent à le remettre d’aplomb. Je pense que vous me voyez venir : ça n’a pas suffi. Nous sommes arrivés jusqu’à Noël très difficilement, en prenant pas mal de retard, avec beaucoup de pression… Le pire, c’est que quand il « était là », il comprenait sans aucune difficulté, mais justement, j’arrivais de moins en moins à « le capter ». Du coup, je pouvais répéter trois fois la même chose, ça ne changeait rien puisqu’il était mentalement absent.

Janvier et février : stop !!

Janvier : j’avais préparé le trimestre suivant pendant les vacances de Noël, tout en ayant conscience que… ce n’était pas ce qu’il fallait faire. Mais je ne SAVAIS PAS quoi faire. Alors j’avançais dans le brouillard. Nous avons repris les cours, en essayant de mettre moins de pression, mais force était de constater que s’asseoir à table pour travailler était à nouveau devenu une énorme souffrance. Je ne supportais plus de le voir mal comme ça. C’est là qu’est arrivé le diagnostic de syndrome d’Asperger. Un coup de massue, et en même temps un soulagement. Je savais bien, moi, que mon fils n’était pas « juste con », mais pouvoir mettre un mot sur les maux me donnait raison après des années de scolarité chaotique. Je ferai peut-être un article sur ces trois sigles/mots HPI-TDAH-Asperger, si vous voulez en savoir plus ; vous me direz en commentaire. Bref, nous avons travaillé de moins en moins assidûment : je comprenais que je n’étais pas armée. Faire cours à un niveau collège n’était pas un problème pour moi, mais je n’étais pas formée pour enseigner à un enfant considéré à plus de 50 % comme handicapé (oui ça fait mal quand on le lit la première fois, mais le déni ne ferait qu’empirer les choses).

Vacances de février : je me renseigne sur d’autres pédagogies en attendant le résultat du dossier MDPH. J’entends parler de Charlotte Mason, une enseignante / pédagogue du début du 20e siècle. Je vous en reparlerai probablement, mais si vous avez envie de vous faire une idée, voici le podcast que j’ai écouté, et qui m’a beaucoup parlé : Un festin d’idées.  J’ai essayé d’établir un planning en fonction, mais quelque chose clochait : il fallait encore être assis à une table, et, la plupart du temps, écrire, en tout cas à l’âge de Jean. Dans l’état actuel des choses, ce n’était pas envisageable de mettre en application cette pédagogie telle quelle. Mais c’était une base très intéressante.

Mars et avril : révélation !

Grâce au confinement, la pression du contrôle de l’inspection (qui aurait dû avoir lieu le 2 avril et qui a été annulé, en me prévenant qu’il n’aurait sans doute pas lieu cette année vu les circonstances) nous a complètement quittés. Cela dit je n’étais pas très inquiète, j’avais prévenu le service qui devait nous contrôler du contexte. Je savais qu’ils me diraient que Jean avait des lacunes pour un niveau de 5e, mais qu’ils seraient compréhensifs, d’autant plus qu’il a un an d’avance : nous avons encore largement le temps de le laisser tranquille et de trouver des solutions et du soutien, grâce entre autres au dossier MDPH accepté. De toute façon, l’expérience nous a montré que la pression ne l’aidait pas du tout à avancer.

Sa grande sœur, Valentine, en classe de 4e, nous avait rejoint en école à la maison début décembre, pour d’autres raisons (phobie scolaire entre autre). Elle a rapidement su travailler de façon indépendante, avec les cours que je lui avais également préparés avec ses manuels (oui, mes vacances de Noël ont été très studieuses !!). Cependant, j’ai pris conscience qu’elle avait accumulé, avant ce retour à la maison, pas mal de lacunes, et je l’ai vue prendre du retard. Elle n’avait déjà pas une grande confiance en elle, mais semaine après semaine, je l’ai vue se dégonfler complètement. Elle continuait à travailler, mais elle se mettait une telle pression qu’elle faisait des crises d’angoisse, jusqu’à frôler la spasmophilie il y a deux semaines. J’ai dit stop : plus de travail scolaire jusqu’à nouvel ordre. C’est pas possible de se mettre dans des états pareils pour suivre un programme, que la plupart des professeurs peinent à boucler de toute façon, sachant qu’en septembre, tous les élèves seront passés par ce confinement et auront besoin de révisions sérieuses !! 

Enfin, le petit frère, Aloïs, en CE1 (oui j’en profite pour faire les présentations, je crois que je ne les avais jamais faite sur ce blog) nous a évidemment rejoint quand les écoles ont fermé mi-mars. Avec lui aussi nous avons cheminé : nous avons au début suivi les cours du maître avec assiduité, mais il était de plus en plus difficile de le capter lui aussi. Même scénario : plusieurs fois je me suis mise à crier, jusqu’au jour où je me suis dit « plus jamais ». Franchement à quoi ça rime de s’énerver sur un gamin qui n’a pas envie de faire des problèmes de math (sachant qu’à côté il lit un livre à rabats sur le tableau périodique des éléments) !!! J’ai dit stop, stop, stop et re-stop.

Et puis là… Nous avons visionné le film Etre et devenir, de Clara Bellar, suite à une publication apparue dans mon fil d’actualité sur Facebook. J’avais déjà entendu parler de ce documentaire, mais il est en streaming payant sur Internet. Il n’est vraiment pas cher, 5.35 € le visionnage (c’est important de soutenir des ressources indépendantes comme celles-ci). Il était dans mes favoris depuis longtemps, et je n’avais jamais sauté le pas. Hé bien je le regrette, maintenant. Si j’avais su… Ce film a littéralement fait exploser mes croyances sur l’apprentissage ! Je l’ai regardé avec mon homme, et à la fin nous nous sommes regardés, à la fois hébétés de ce raz de marée intérieur, qu’il avait également ressenti, enthousiastes et décidés : c’était la solution pour nos enfants !

Je ne vais pas vous expliquer ici en quoi consiste le unschooling. Je vous donnerais juste comme indice quelques noms qu’on lui donne en Français, au delà d’une simple « non scolarisation » : apprentissages autonomes, ou apprentissages libres. Aucun de ces noms ne révèle la RICHESSE DINGUE de ce que l’unschooling signifie. J’y reviendrai dans un autre article bien sûr, celui-ci est déjà bien assez long. Mais j’avais besoin de fixer quelque part, et de partager avec vous, le cheminement qui nous a mené là : aucun de nos enfants ne retournera à l’école, ni en mai, ni en septembre, ni tant qu’ils ne le demanderont pas eux-mêmes.

En attendant, je vous dirais seulement deux choses :

  • Que vous vous posiez ou non des questions sur l’IEF (Instruction En Famille) et ses différentes formes, allez voir le documentaire Etre et devenir
  • En France, la scolarisation n’est pas obligatoire, seule l’instruction l’est. Le droit des parents a choisir le type d’instruction dont bénéficieront leurs enfants est inscrit dans la constitution française. Je trouve essentiel que les gens sachent que d’autres façons d’instruire nos enfants existent.

En attendant d’en savoir plus, n’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire, bien sûr 🙂


Comme vous le constatez, ce blog, en reprenant vie, prend un léger tournant. Les catégories ont accueilli une petite nouvelle appelée « Unschooling » (si vous cliquez dessus, vous tomberez sur une petite description de ce qui vous y attend dans les semaines qui viennent, ainsi que sur ce présent article). Cependant les autres catégories sont toujours là : je compte bien continuer à créer de jolies choses (je me suis mise à l’aquarelle pendant le confinement, il faudra que je vous montre !) et à découvrir la région, avec les enfants cette fois-ci, et continuer à vous régaler de belles photos et de ma prose 😉

A bientôt donc !

Alexandrine

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6 Comments

  • céline

    pfiou….hé ben dis donc, quelle année mouvementée !
    Et je suis admirative de tous ceux qui ,comme toi, choisissent l’instruction à la maison.

    • Alexandrine

      Oui je ne sais pas où j’aurais trouvé le temps de m’investir sur le blog, bien que ça manquait ^^
      Je ne suis pas de mériter de l’admiration. J’ai été à l’écoute des besoins de mes enfants, de leur façon de fonctionner ; et, peut-être, j’ai osé tourner le dos au système qui met la pression aux familles. C’est pour ça que c’est aussi important pour moi que les gens sachent que l’instruction à la maison est possible et légale, pour que les parents puissent CHOISIR, et pas forcément suivre la voie toute tracée par le système si ce n’est pas ce qui convient à leurs enfants.

  • Elisabeth de Ruffray

    Je voulais juste revenir sur le « handicap ».
    En tout cas pour ce qui concerne Jean et bon nombre d’enfants, leur handicap est surtout de ne pas être faits pour entrer dans un moule prédéfini.
    Ce n’est pas faire un déni, c’est alerter les parents qui n’y penseraient pas, que, oui, votre enfant a le droit d’être différent et de « fonctionner » autrement.
    Puisse cet article et ces expériences permettre à ceux qui souffrent sans comprendre, de trouver des pistes pour travailler sur les solutions qui leur conviendront le mieux…
    Bon courage à tous !

    • Alexandrine

      Oui je suis bien d’accord. Le handicap n’est qu’un mot qui définit une inadaptation à la société telle qu’elle fonctionne actuellement…
      C’est effectivement pour cela que j’ai eu besoin de remettre le blog en route pour parler de tout ça : il faut que les gens sachent que garder son enfant à la maison est une solution parmi d’autres, qu’elle est légale, et même que ça peut très bien se passer !

  • Jérémy Herder

    Coucou Alexandrine,

    Super article et bravo à vous deux.

    L’important est la famille et de savoir écouter ces enfants comme vous le faites si bien tous les deux. et de s’écouter soi-même.

    et le film est maintenant dans mes favoris.

    Bisous de nous 4.

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