Lorraine - Moselle

Haut fourneau d’Uckange : grandeur de notre patrimoine industriel français

 

Comme vous l’avez vu en story sur Instagram il y a quelque temps, j’ai été invitée par le site Lorraine Tourisme à une rencontre entre blogueuses et photographes de la région, au Parc du haut fourneau d’Uckange. J’aime ce genre de rencontres : on découvre de nouvelles personnes, on retrouve les copains et les copines, c’est toujours très joyeux et bon enfant ! Le programme était de plus extrêmement alléchant : visite de lieux habituellement fermés au public, dégustation de produits régionaux, et visite de la structure elle-même, de nuit. Le genre d’expérience qu’on ne vit qu’une fois… J’ai donc confirmé ma présence dans l’heure qui a suivi la réception du mail ^^

Je confirme que réserver ma soirée valait le coup : elle fut incroyable !! J’ai opté pour un récit chronologique : je trouve ça plus logique de vous faire vivre les changements de lumière au fur et à mesure de la soirée, comme je les ai vécus.

 

Un très petit historique pour commencer, pour situer le contexte (vous savez que j’aime situer les contextes ^^ ) : le site a créé en 1890, au tout début de la deuxième Révolution industrielle donc. Il a contenu jusqu’à six hauts fourneaux, il n’en reste plus qu’un seul, le U4, classé monument historique (le seul en France). L’usine s’est définitivement arrêtée en 1991, car sa modernisation n’était plus possible, ou jugée trop onéreuse et non rentable, pour assurer une compétitivité suffisante.
L’association MECILOR ainsi que le Comité d’Agglomération du Val de Fensch ont depuis tout fait pour éviter que le site ne tombe en désuétude. L’ensemble est classé Monument historique depuis 2001 au titre de patrimoine industriel français, et est mis en valeur, en plus des différentes visites qui sont proposées, via une programmation culturelle très diversifiée.

 

Déambulations de jour

Notre guide, ancien ouvrier du haut fourneau voisin (Hayange) avait d’abord prévu de nous faire visiter la « salle des vents », parce qu’elle n’est plus équipée en électricité. Il fallait donc qu’il fasse encore jour.

Pour aller à cette « salle des vents », nous sommes passés sous l’ensemble sidérurgique et avons pu en prendre de chouettes photos. Ce sont plus des photos de « structure », des essais graphiques. A ce moment-là de la soirée (19h30 environ), je n’avais encore aucune idée du fonctionnement d’un haut fourneau.

Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4

Nous sommes passés devant une salle dont je ne connais pas l’utilité par rapport au fonctionnement du haut fourneau, mais qui dégageait quelque chose de très mystérieux. Je n’ai pas traité la photo avec un filtre sépia ou noir et blanc, ce sont vraiment les couleurs d’origine (comme sur toutes mes photos, j’arrange légèrement la luminosité, le contraste, la balance des blancs, pour faire ressortir l’éclat de la réalité, mais surtout pas changer l’aspect du sujet). Vous ne trouvez pas qu’on dirait presque une carte postale du début du siècle ?

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

 

Nous continuons à avancer, jusqu’à cet ensemble de bâtiments.

Uckange, Haut fourneau, U4
Uckange, Haut fourneau, U4

 

La salle des vents

Je ne pense pas que ça soit son vrai nom, mais je ne me souviens pas si notre guide nous l’a donné, et je ne l’ai pas trouvé sur Internet. De quels vents parle-t-on ? De l’air soufflé et injecté à la base du haut fourneau pour faire fondre le fer, chauffé au passage dans la cheminée qui côtoie le haut fourneau lui-même. Il n’était donc pas chauffé ici, mais la température y était malgré tout assez infernale. Il s’agit en fait d’une énorme soufflerie.

C’est un lieu fermé au public. Nous avons eu une chance folle de pouvoir y accéder. Dès le premier coup d’œil, c’est un énorme coup de cœur ! Certains carreaux sont cassés, donc l’endroit est sale : plumes d’oiseaux, fientes, poussière bien sûr. Ce n’est presque pas gênant en fait : ça ajoute à l’étrangeté des lieux. Nous parlions en chuchotant… C’est stupide, nous ne dérangions pourtant personne, mais nous pouvions presque sentir le travail des centaines d’hommes qui ont sué et trimé ici… Un endroit qui possède une âme, chargé d’histoires et d’humanité. J’étais subjuguée.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

L’ambiance y est très étrange. Très silencieuse, ce qui donne une impression d’absurde, tant le contraste est grand avec le bruit infernal qui y régnait lorsque les machines y étaient en fonctionnement, comme nous l’expliquait notre guide… Les ouvriers étaient tous équipés de casques antibruit… qu’ils portaient quand ils n’avaient pas trop chaud… Heu, donc pas souvent, en fait…

Ce qui est incroyable, c’est que la structure ne manque pas de style !! Le tableau des commandes est installé en hauteur, et on y accède par un double escalier vraiment classe ! On sent vraiment l’influence de la fin du XIXe siècle. Le lieu de travail n’est pas juste fonctionnel, il représente un certain standing.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

Là haut, en plus d’un autre point de vue, édifiant, sur la salle, on peut observer le tableau des commandes, et autres boutons, circuits, … et bidules mystérieux !!

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

Derrière cette rangée de panneaux (maintenant vides), on devine un labyrinthe de pièces, d’escaliers, et  même… un Tardis ??!! Vous remarquerez qu’il est flou, il était déjà en train de disparaître, emmenant le Docteur vers d’autres contrées de l’univers 😉 (mais si c’est fait exprès, voyons ^^ )

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux, Tardis
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

 

Et puis on se balade dans cette grande salle, à l’affût de tous les petits détails industriels, surveillés depuis le panneau de commande par notre guide, très inquiet que l’un d’entre nous aille trop loin dans ses investigations, et se fasse mal. Je précise que nous n’avons touché à rien, aucune mise en scène, tout est en l’état.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

 

Retour vers l’entrée du parc

Une dégustation nous attendait à l’entrée du parc, nous sommes donc revenus sur nos pas. La lumière avait changé, le soleil ayant amorcé sa descente. Des bâtiments à l’aspect insipide quelques minutes auparavant avaient revêtu leurs habits de lumière.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

Les tuyaux par lesquels les vents étaient acheminés vers la base du haut fourneau. Ils arrivaient dans cette sorte de cheminée (photo en bas à droite), dans laquelle ils étaient chauffés à 1200°C.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

 

Dégustations de produits locaux

La dégustation était proposée par des membres du label So Fensch. De quoi s’agit-il ?

La vallée de la Fensch est une petite zone d’environ 80 km², situé au Nord-Est de la Moselle, qui inclut seulement 10 communes, dont Uckange. C’est donc un label géographiquement très restreint, dont le but est de valoriser les talents et le terroir de cette région.

J’ai beaucoup aimé presque tout ce qu’on nous a proposé !! La seule qui était un peu de dessous, c’était le plat chaud, une tourte veau, foie gras et pommes. J’aime pourtant ces trois ingrédients, mais le résultat est, pour moi, un peu bof (ça n’engage que moi, les goûts et les couleurs, hein !). Ce que j’ai préféré en revanche, ce sont les choux à la mirabelle. Au delà d’être très beaux, ils étaient d’un délice…….. Vraiment à tomber ! Entre ces deux extrêmes, tout le reste était bien bon !

 

Saucisson, boucherie Le Billot, So fensch, vallée de la Fensch
Mauricettes, So fensch, vallée de la Fensch
Les Ruches du Vieux Moulin, So fensch, vallée de la Fensch
Les Ruches du Vieux Moulin, So fensch, vallée de la Fensch
Les Ruches du Vieux Moulin, So fensch, vallée de la Fensch
Nougats, Les Ruches du Vieux Moulin, So fensch, vallée de la Fensch

On nous a proposé deux types de bières, malheureusement je n’ai pas eu la présence d’esprit de les prendre en photo… J’en ai goûté une, qui était vraiment très bonne !! Elles sont brassées dans la Brasserie La Tuilerie.

Jus de pomme, la Cabane à Jus, So Fensch, Vallée de la Fensch
Minerai de fer, chocolat, Aux Délices lorraines, So fensch, vallée de la Fensch
Miel, Les Ruches du Vieux Moulin, So Fensch, Vallée de la Fensch

Pendant que nous nous restaurions, nous admirions les couleurs changeantes du ciel… La structure de métal semblait prendre feu petit à petit, c’était exceptionnel…

 

Le coucher de soleil

Pas besoin de grands blablas ici, les photos parlent d’elles-mêmes… Laissez-vous envoûter
Je répète que les photos sont à peine retouchées (un peu de contraste), les couleurs sont telles que je les ai vues. En revanche, je ne vous les mets pas toutes, j’en ai 26 ^^ Je vous propose plutôt les principales étapes, en quelques photos.

 

Et petit à petit, l’incendie s’éteint…

… laissant place à la mise en scène lumineuse de l’artiste Claude Levêque.

 

Visite de nuit

C’est à ce moment-là que nous avons pu avoir quelques infos sur le fonctionnement d’un haut fourneau. Je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien (j’ai besoin, même) savoir comment les choses fonctionnent. Ca a toujours été le cas, je me souviens d’une prof dont j’étais la bête noire parce qu’elle savait que j’allais lui poser des questions assez pointues, non pas pour la mettre dans l’embarras, mais parce que j’aime bien savoir !!
Mais je ne vais pas ici vous donner un cours de sidérurgie ^^ Ce n’est d’ailleurs pas le propos du guide lui-même, qui préfère attendre les questions techniques, plutôt que de farcir les oreilles des visiteurs de détails qui ne les intéresseraient pas. Si vous avez la chance de visiter les lieux, n’hésitez donc pas à poser vos questions, il sera, en revanche, ravi de pouvoir y répondre !!!

Ce parcours est également l’occasion pour lui de nous conter nombre d’anecdotes sur la dureté du travail, mais aussi la solidarité et la cohésion qui régnaient entre les ouvriers. Belles émotions garanties. Je vous encourage vivement à venir ici lors des visites insolites, au mois de septembre, pour le même type d’émotions.

Et c’est reparti pour une séance de photos, avec, encore, d’autres types de lumière qui permet une redécouverte totale.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

Le long du parcours éclairé de rouge, nous nous dirigeons tout d’abord vers ce bâtiment plus clair, qui contenait les bureaux du patron, le poste de commandement et les casiers des ouvriers.

En le contournant, nous passons sous le monstre de fer…

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

Pour faire court, nous longeons, au delà du poste de commandement, le silo de chargement. Chargement de quoi ? Du minerai de fer ! Où ça ? Dans cette grosse « bassine », appelée la cuillère (on peut rentrer à 10 dedans, hein) ! La cuillère était montée en haut du haut fourneau par ces énormes crochets, pour y être vidée (dans un fracas étourdissant qui s’entendait à des kilomètres !).

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

L’air, acheminé depuis la salle visitée en premier, au début de l’article, était d’abord chauffé à 1200°C dans la cheminée (on la voit bien sur certaines photos de coucher de soleil, où elle apparaît juste à gauche du haut fourneau), puis emmené via des énormes tuyaux à la base du haut fourneau. Le minerai fondait ainsi par le fond de la cuve.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

 

La fonte liquide sortait par la « bouche » à droite, et se déversait dans la fosse située juste en dessous (maintenant remplie de sable, mais creuse d’environ 1.20 m normalement). Les ouvriers qui travaillaient dans cette halle bénéficiaient bien sûr d’un équipement de haute sécurité (combinaison ignifugées, etc.). Les commandes de la trappe elles-mêmes sont placées dans une cabine à l’abri, ici à gauche.

Une fois coulée, la fonte suivait grosso modo la fosse jusqu’à des wagons spéciaux, où elle partait en livraison dans les différentes industries qui la commandaient. Elle était transportée liquide, oui. Donc à plus de 1000°C. C’est complètement dingue !

Comme vous pouvez le constater sur cette photo, l’endroit était ouvert sur l’extérieur. Nécessaire pour aérer la zone, mais le froid se faisait très présent en hiver, malgré la présence de la fonte liquide, et les ouvriers souffraient alors de la chaleur ET du froid…

 

Pour conclure, ce fut une soirée mémorable… J’en ai pris plein les yeux et plein le cœur. Je comprends maintenant pourquoi les gens de la vallée de la Fensch sont si attachés à ce site plein d’Histoire et d’histoires.

Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux
Uckange, Haut fourneau, hauts fourneaux

Et vous savez quoi ? En retournant vers l’entrée du site, nous avons constaté que nous étions un soir de pleine Lune… De quoi exacerber encore les émotions… Non vraiment, c’était à couper le souffle…

 

Voilà, j’espère avoir réussi à vous transmettre le grand frisson que j’ai ressenti tout au long de cette soirée… Vraiment je vous convie à aller le ressentir vous-même sur place… C’est une expérience à vivre absolument !

 


Lundi prochain, on se retrouve pour parler steampunk ! Un sujet plus léger, mais tout aussi passionnant !

A bientôt donc 😉

Alexandrine
Vous avez aimé l'article ? Partagez-le avec vos amis !

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial