Bourgogne

Bourgogne : Alise-Sainte-Reine et les mystères gallo-romains

Cet article est la suite de celui qui est sorti lundi dernier : Flavigny-sur-Ozerain et le charme médiéval. Trop de richesse dans ces deux toutes petites collines, ça ne tenait pas dans un seul article ^^ Je vous encourage à aller le lire bien sûr, particulièrement le contexte historique, car celui d’Alésia et de Flavigny sont étroitement liés.

 

Le Muséoparc

Le Muséoparc d’Alise-Sainte-Reine rassemble tous les éléments qui concernent le siège puis la bataille d’Alésia. Il expose quelques vestiges retrouvé sur place, mais principalement des reconstitutions, qui permettent de se faire une idée extrêmement précise du contexte, des faits et de l’ambiance de ce siège mythique. (Comme vous pouvez le constater sur les photos, il faisait moins beau que la veille…)

Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia
Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia

L’entrée dans la partie exposition est vraiment impressionnante ! On passe entre des soldats romains et gaulois qui s’affrontent, de plus en plus grands et de plus en plus… agressifs ! Très efficace ^^

Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia
Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia

Tout le monde peut y trouver son compte, adultes comme enfants, férus d’histoire ancienne comme amateurs du dimanche. A l’entrée sont fournis des audioguides, soit pour adultes, soit pour enfants, qui permettent de suivre l’exposition dans l’ordre. Nous n’en avions pris qu’un pour trois (et un pour enfant), parce que je n’ai pas tout de suite capté qu’ils étaient individuels (le son n’est pas fort du tout, il faut le coller à l’oreiller pour bien entendre, mais c’est fait exprès pour ne pas que les visiteurs se gênent les uns les autres). Du coup, je ne l’ai pas vraiment suivi, mon fils se l’est accaparé (mais tant mieux, il a vraiment aimé sa visite, il était au taquet !).

Je ne connais pas le contenu de l’audioguide pour adulte, mais je me demande s’il est aussi pointu que les nombreuses explications écrites qui jalonnent le parcours (très bien numéroté). A mon avis non. Du coup, si vous voulez rester dans les explications de base, prenez l’audioguide. En revanche, si vous voulez aller plus loin dans la compréhension géopolitique, mais aussi géostratégique de la bataille (comme moi), ne vous encombrez pas de l’audioguide. Entre les multiples cartes, maquettes, explications écrites date par date, mais aussi les écrans interactifs disséminés tout le long, on peut vraiment aller très loin dans l’approfondissement !

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Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia
Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia

Seul point noir : le côté tactile des écrans fonctionne mal, il faut « cliquer » plusieurs fois sur le même lien pour que ça marche, c’est très vite agaçant (ou alors j’ai vraiment pas eu de chance sur ceux que j’ai utilisés !).

 

En plus des explications pointues, le Muséoparc présente un comparatif ludique des armements et stratégies romaines et gauloises. Les enfants ont adoré ! J’ai particulièrement aimé le fait que des vestiges soient exposés à côté des reproductions. Ca permet d’avoir l’émotion de la réalité du vestige, mais également une idée plus précise de ce à quoi ça ressemblait à neuf !

Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia
Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia
Alise-Sainte-Reine, Muséoparc, Alésia

Enfin, on finit la première partie de l’exposition par le visionnage du film Alésia, le rêve d’un roi nu (durée : 20 mn), qui résume très bien tout ce qui a été vu et lu avant, en y apportant un côté émotionnel très intéressant (les doutes de Vercingétorix et des autres chefs gaulois, les décisions difficiles à prendre, l’implacabilité de César, etc.).

 

La suite de l’exposition est davantage un historique du site archéologique lui-même, depuis Napoléon III qui a lancé les vraies fouilles. A cette époque, plusieurs sites se donnaient le titre d’oppidum d’Alésia, et il fallait trancher. Les vestiges découvert à Alise-Sainte-Reine ne laissent plus place au doute.

 

A l’arrière du bâtiment, une reconstitution des fortifications romaines qui entouraient entièrement la colline d’Alésia. A certaines heures est proposée une petite scénette humoristique, qui permet de se faire une idée de la vie dans ce type de camp à l’époque. Nous n’y avons pas assisté, il faisait un froid de fou !

 

Bref, seule véritable ombre au tableau : j’étais prise d’une migraine insupportable… J’ai forcé parce que je ne me voyais pas venir jusqu’ici sans y emmener les enfants (en tout cas les deux grands, puisque c’est leur programme d’histoire : la grande sortait de 6e et le deuxième y rentrait !). Et même pour moi, je voulais absolument y aller. Mais au bout de 30 mn, je n’arrivais plus à me concentrer sur ce que je lisais… Impossible de continuer à lire. Alors j’ai déambulé, regardé, me suis imprégnée de l’ambiance. C’est déjà bien, mais j’en suis repartie très très frustrée (et j’ai fait une sacrée sieste en rentrant ^^ ). Du coup, bien évidemment, j’y retournerai !

 

Les vestiges gallo-romains

Tout au-dessus du village, au sommet de la colline, ont été mis à jour des vestiges de l’époque gallo-romaine, donc postérieurs au siège d’Alésia. Il reste peu de murs debout, mais les fondations sont très bien conservées, et donnent une bonne idée de la structure d’une ville gallo-romaine.

Le visiteur est accueilli d’une jolie façon par un panneau de l’époque, lui indiquant qu’il est arrivé dans la ville répondant au doux nom d’Alisiia. C’est tout bête, mais je trouve ça touchant qu’il ait perduré jusqu’ici ! L’Histoire ne voulait vraiment pas qu’on oublie…

 

Assez touchant et impressionnant aussi : la vue sur la vallée et les autres collines, presque tout autour du site. Bien que ces vestiges-là ne datent pas du siège d’Alésia, on imagine aisément Vercingétorix scruter le paysage, à l’affût du moindre mouvement des Romains, et surtout surveillant et espérant l’arrivée de l’armée gauloise de secours…

Alise-Sainte-Reine, Alésia
Alise-Sainte-Reine, Alésia

Quand on arrive sur le site, on voit d’abord les fondations de monuments tels que le théâtre et la basilique (qui est un bâtiment civil à l’époque : commerce, finances, tribunal, etc.). On voit bien les murs qui séparaient les petites boutiques tout autour du théâtre, c’est assez facile de se les représenter.

Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, théâtre
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, basilique

L’immersion est encore plus totale dans les quartiers d’habitation. Des panneaux explicatifs permettent de repérer les rues, avec ou sans portiques, mais aussi les maisons, caves, puits, etc.

Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, rue
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, rue
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, cave
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, cave
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, cave
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, cave

Enfin, le clou du spectacle à mes yeux : le temple d’Ucuetis, dieu gaulois lié au monde de la métallurgie. Alésia était un centre important du travail du bronze, et ce dieu y avait un culte particulier. Est-ce parce que le monument est un peu mieux conservé que le reste de la ville ? Toujours est-il que l’ambiance y est très particulière. Le site lui-même est très calme et agréable, mais j’y ai retrouvé ici un petit plus « spirituel », un peu comme à Flavigny, sur la colline d’à-côté. Décidément, cet endroit est plein de mystère…

Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, Ucuetis, temple
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, Ucuetis, temple
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, Ucuetis, temple
Alise-Sainte-Reine, Alésia, vestiges gallo-romains, Ucuetis, temple

 

Le Mystère de sainte Reine

Les habitants d’Alise-Sainte-Reine sont extrêmement fiers de leur origine gallo-romaine. Cette culture les imprègne totalement, et d’ailleurs, depuis l’an 866, ils jouent une pièce de théâtre (appelée « mystère » à l’époque médiévale) qui retrace le martyre de leur sainte patronne, sainte Reine, en 252 (donc en pleine époque gallo-romaine, au moment où commençait à se former une communauté de premiers chrétiens relativement importante ici à Alésia). La pièce est jouée tous les ans au même moment : l’avant-dernier week-end d’août, le samedi soir et le dimanche après-midi.

La pièce est très émouvante, de par son thème déjà (la torture, la résistance et la mort d’une jeune fille de 16 ans), mais aussi de par ses acteurs. Les habitants du village sont tous des amateurs bénévoles. Ce projet est celui de tout un village. On sent une ferveur et une fierté incroyables !

Le plus fou : le texte de la pièce est en vers… C’est encore plus difficile d’apporter une réelle émotion à un texte en vers. Mais je vous assure qu’elle est bien là. On sent des maladresses, des trous de mémoire (des personnes sont là pour ça au pied de la scène, donc ils restent très discrets), mais ce n’est vraiment pas ce qu’on retient de ce beau moment.

 

Lorsque l’on arrive sur les lieux, on sent déjà l’ambiance « fête de village ». La nuit commence à tomber, la buvette se vide, le général romain vide son gobelet en plaisantant avec ses amis, les trois quarts des gens présents sont en costume.

Alise-Sainte-Reine, Mystères, sainte Reine
Alise-Sainte-Reine, Mystères, sainte Reine

 

Juste avant de pénétrer dans le théâtre des Roches, un panneau sur lequel sont exposées quelques photos, qui retracent les différents styles des différentes Reine depuis le début du XXe siècle. Le ton est donné : nous allons vivre un moment historique, qui est la continuité d’une tradition séculaire…

 

Je ne reviens pas sur l’histoire elle-même, vous avez le résumé de chaque acte juste au-dessus. Voici quelques photos qui vous donneront une idée de l’ambiance, pesante et légère à la fois. Oui c’est contradictoire, mais je crois qu’il n’y a qu’en allant vivre ce moment qu’on peut comprendre.

 

L’embrasement. Il ne s’agit que de quelques petits feux d’artifices, qui célèbrent le martyre et la gloire de Reine. Mais je vous assure qu’après la tension des minutes qui ont précédé, cet embrasement est ultra significatif, et fait un sacré effet

 

Le salut des acteurs et figurants. La pièce est finie, mais l’émotion est toujours bien présente. Ils peuvent vraiment être fiers d’eux… En plus, il faisait TRES froid ce soir-là. Nous avions carrément prévu des couvertures pour nous envelopper dedans, du coup nous n’en avons pas souffert. Mais eux… l’actrice qui jouait Reine tremblait de froid, mais elle était imperturbable… Un immense bravo à elle, et à tous !

 

La pièce est bien sûr tout public. J’avais emmené mes deux grands avec moi, 12 et 10 ans. La pièce dure 3 heures et finit à 23h passés (il y a un entracte entre chaque acte). C’est long, mais ils n’ont pas vu le temps passer ! C’est vraiment un moment qu’il faut vivre au moins une fois, je suis heureuse qu’ils aient eu cette chance.

D’autres animations ont lieu dans le village durant le week-end, comme une procession où défile Reine à différents âges de sa vie. Vraiment n’hésitez pas à réserver votre week-end de l’année prochaine et à suivre leur page Facebook. Ca vaut vraiment le détour. Alise et Flavigny regorgent de petits gites géniaux, le logement ne sera pas un problème.

 

Voilà pour ce petit village d’Alise-Sainte-Reine. On ne s’imagine pas une telle richesse, quand on lit les panneaux depuis la route… J’espère vous avoir donné envie d’aller le voir 🙂

N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire ce que vous avez aimé dans l’article <3

Alexandrine

 

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6 Comments

  • CLAIRE LEROIDE-DUCHER

    Alexandrine Bravo,
    Après la lecture de vos articles, confirmation d’un grand regret de ne pas avoir été presente avec vous pour le spectacle de Sainte Reine. Mais, ce n’est que partie remise.
    Vos trois articles que j’ai pu lire mon invités à programmer un ptit voyage vers ces contrées que je ne connais pas. De plus, Robert « mon bonhomme cartésien  » les trouvent très intéressant avec l’envie de découvrir ces trésors. Et ça c’est vraiment grâce à vous.
    Claire

  • Elie LAFFAGE

    Bonjour et merci pour cet article très émouvant et tellement juste.
    Je suis le nouveau metteur en scène de la tragédie « Le mystère de Sainte Reine » et suis ravi de reprendre le flambeau.
    Je fais partie de l’association et du spectacle depuis mes 8 ans (donc depuis 29 ans !). C’est fou ! Une histoire incroyable quand on y pense !
    Vous parliez du côté historique très fort, c’est vraiment le cas.
    Encore merci pour ces écrits et très bonne journée à vous.
    Elie

    PS : CLAIRE LEROIDE-DUCHER, envoyez moi votre adresse personnelle, je vous ferai passer une invitation pour le 24 ou 25/08/19 !

    • Alexandrine

      Je suis ravie que mes mots vous aient plu ! C’est très fort ce que vous faites à Alise, je souhaite une encore très longue vie aux Mystères !
      Claire est de ma famille, je vais m’assurer qu’elle ait vu votre invitation !
      Bonne journée !

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